Le principe du vrai courage, c'est le doute. L'idée de secouer une pensée à laquelle on se fiait est une idée brave. Tout inventeur a mis en doute ce dont personne en doutait. C'était l'impiété essentielle.
Ainsi le zèle dépasse toujours la mesure ; tout en s'étudiant à posséder ce qu'il désire, il oublie la chose essentielle. Et quand il possède l'objet qu'il a pourchassé, sa conquête est comme celle d'une ville incendiée ; autant de gagné, autant de perdu.
Rien de plus absurde que de violenter les habitudes, sous prétexte de servir les intérêts. Le premier des intérêts, c'est d'être heureux, et les habitudes forment une partie essentielle du bonheur.
Question essentielle que se posent les jeunes et d'autres : celle de l'attitude qu'il faut avoir dans la vie, alors qu'on n'est pas dedans; la vrai question c'est « qu'elle vie faut-il se faire ? ».