La docilité aux conseils d'autrui prouve la largeur d'esprit, le sens du métier et l'intelligence ; car rien ne coûte tant que de sacrifier ce qu'on a écrit et de retrancher ce qu'on croyait.
Lisez quand tous voudrez écrire ; lisez quand vous saurez écrire ; lisez quand vous ne pourrez plus écrire. Le talent n'est qu'une assimilation. Il faut dire ce que les autes ont écrit, afin d'écrire soi-même pour être lu.
Écrire, c'est pour moi comme chantonner. Une activité intime et déatachée : on fredonne, on se fait la voix, et puis ça y est, c'est écrit. Écrire est une façon de charmer la personne qui nous est la plus étrangère : nous.
Je découvre sur le tard que c'est une grande force que de ne pas comprendre. Cela permet parfois de conquérir le monde. Si Napoléon avait été aussi intelligent que Spinoza, il aurait écrit quatre volumes dans une mansarde.
Ce que le lecteur veut, c'est se lire. En lisant ce qu'il approuve, il pense qu'il pourrait l'avoir écrit. Il peut même en vouloir au livre de prendre sa place, de dire ce qu'il n'a pas su dire, et que selon lui il dirait mieux.